Shakyamuni - Bouddha historique
Bouddhisme du Premier Millénaire

Le Bouddhisme du Premier Millénaire

La vie et les enseignements de Shakyamuni, le Bouddha historique.

~ 500 av. J.-C.

La vie de Shakyamuni

La naissance de Shakyamuni

Shakyamuni est né dans le jardin de Lumbini à Kapilavatsu, près de l'actuelle frontière entre le Népal et l'Inde. C'était le fils du roi Suddhodana et de la reine Maya. Concernant sa date de naissance, plusieurs hypothèses existent : 463, 566, ou 624 avant notre ère. Mais à l'époque de Nichiren Daïshonin, on considérait alors, suivant le Shushoiki, que Shakyamuni était mort dans la cinquante-deuxième année du règne du roi Boku de la dynastie Tchu, sous le signe cyclique Mizunoesaru, c'est-à-dire en 949 av. J.C.

Le renoncement au trône

En tant que prince héritier, Shakyamuni fut élevé dans un milieu favorisé et ne manqua de rien. Il était sage et aimait étudier. On rapporte qu'il était beau et doué au maniement des armes. Mais il ne ressentait pas de joie profonde. D'après les sûtras, un jour, sortant du palais royal par la porte Est, il rencontra un vieillard. Un autre jour, franchissant la porte Sud, il vit un malade. A une autre occasion, passant par la porte Ouest, il aperçut un cadavre. Ces rencontres le portèrent à réfléchir sur la nature éphémère de la vie. Finalement, lorsqu'il sortit par la porte Nord, il rencontra un ascète, et décida de mener une vie ascétique pour trouver la solution aux souffrances inhérentes à la condition humaine : naissance, vieillesse, maladie et mort. On dit que Shakyamuni quitta son palais à l'âge de dix-neuf ans.

L'éveil

A l'époque, le brahmanisme était la religion traditionnelle de l'Inde, et il existait quatre-vingt-quinze écoles issues des enseignements des Six maîtres non bouddhistes, qui se querellaient entre elles sur la doctrine. Shakyamuni rendit visite à ces maîtres pour recevoir leur enseignement. Il pratiqua l'ascétisme mais n'apprit pas grand chose. Il commença donc à rechercher par lui-même le moyen de sauver les êtres humains des quatre souffrances.

A l'âge de trente ans, en méditant sous un arbre, près de la ville de Gaya, il surmonta les désirs et les obstacles et, pour finir, s'éveilla à la Loi qui permet de remédier aux souffrances fondamentales. Dès lors, il fut appelé "bouddha", c'est-à-dire "celui qui s'est éveillé à la vérité". En Chine, on a traduit ce mot par futo ou bouddha, et au Japon par hotoké.

Après son éveil, Shakyamuni hésita à enseigner cette loi parce qu'il lui semblait difficile de la faire comprendre. On rapporte qu'il prit sa décision sur la demande du roi Bonten.

La transmission

Une fois sa décision prise, Shakyamuni partit pour Varanasi (Bénarès), centre culturel et religieux de l'époque. Il enseigna la Loi pour la première fois au parc des Gazelles, l'actuelle Sarnath. Cinq ascètes avec qui il s'était entraîné autrefois devinrent alors ses premiers disciples.

A partir de cette époque, il encouragea toujours ses disciples à transmettre la Loi pour le bonheur des êtres humains. Tout au long de sa vie, il poursuivit son voyage de propagation suivi de nombreux disciples, les plus connus étant les "dix principaux disciples", dont Shariputra, le premier en sagesse.

Les persécutions

Au fur et à mesure des activités de propagation de Shakyamuni et de ses disciples, des rois et des commerçants se convertirent. Peu à peu, certaines personnes commencèrent à être jalouses de Shakyamuni et firent obstacle à ses activités. Sa vie fut même mise en danger à plusieurs reprises.

Les Neuf grandes épreuves : On peut citer, par exemple, le fait que Devadatta fit, du haut du Pic de l'aigle, tomber un gros rocher sur Shakyamuni, pour tenter de tuer le Bouddha. Le roi Ajatashatru fit boire de l'alcool à des éléphants sauvages et les lâcha sur Shakyamuni et ses disciples.

La disparition du bouddha

Après cinquante années d'enseignement, juste avant sa mort, Shakyamuni déclara : "J'ai enseigné diverses doctrines sans faire de discrimination entre ceux qui étaient mes disciples et ceux qui ne l'étaient pas. En tant que maître, je n'ai rien à cacher aux disciples". Il a donc transmis l'intégralité de son éveil à ses disciples, et les enjoint de se fonder sur la Loi correcte et son enseignement.

Il mourut à Kushinagara, et ses dernières paroles furent : "Travaillez avec diligence à votre salut". Conformément à ses dernières volontés, les moines ne participèrent pas à ses funérailles, qui furent conduites par des laïcs.

Le but de la venue de Shakyamuni

L'enseignement de la période Kegon fut exposé pour mesurer la capacité des simples mortels. Celui de la période Agon visait à les introduire à l'enseignement supérieur. Les doctrines de la période Hodo réfutaient l'attachement au Hinayana pour introduire la voie de bodhisattva du Mahayana. Les Sûtras Vimalakriti et Shrimala, entre autres, ont été exposés à cette période. La quatrième période, Hannya, est celle des enseignements du Mahayana destinés à préparer les gens à entendre le Sûtra du Lotus. L'ensemble de ces quatre périodes constitue l'enseignement antérieur au Sûtra du Lotus. La cinquième période, où le bouddha enseigna le véritable principe de l'atteinte de la boddhéité, est Hokke-Nehan (celle des sûtras du Lotus et du Nirvana).

« Le but de la venue du Bouddha en ce monde était d'exposer le Sûtra du Lotus. » — Nichiren Daishonin

Les enseignements de Shakyamuni

L'origine interdépendante (engi)

C'est le principe fondamental de l'enseignement de Shakyamuni. En japonais, on emploie le terme "engi", qui signifie survenir en raison d'un lien causal. Autrement dit c'est l'idée que rien de ce qui existe n'a d'existence fixe, que c'est par des relations causales d'interdépendance que tout naît, se développe, se dégrade et disparaît. C'est un principe établissant que l'existence résulte de relations d'interdépendance.

Le bonheur et le malheur, par exemple, sont potentiellement contenus en nous-mêmes, mais ils se manifestent en réponse à divers facteurs extérieurs, à certaines conditions dans notre environnement. C'est dans cette relation d'interdépendance avec l'environnement qu'apparaissent des résultats tels que la souffrance ou la joie. Telle est la Loi de causalité enseignée par le bouddhisme. Et ce principe est en jeu dans les trois phases de la vie, il régit le passé et le présent aussi bien que l'avenir.

Pour ce qui est du comportement dans la vie quotidienne, Shakyamuni a rejeté l'hédonisme, l'abandon sans frein aux plaisirs, aussi bien que son contraire, l'ascétisme, et il a enseigné la voie du milieu.

Le bouddhisme Mahayana et le bouddhisme Hinayana

Dans l'expression japonaise dai shô sôtai, dai signifie grand (maha en sanscrit) et shô, petit (hina en sanscrit). Le Mahayana signifie littéralement le Grand Véhicule et le Hinayana le Petit Véhicule. L'enseignement du Bouddha est comparé à un véhicule capable d'amener les êtres humains à l'état d'Eveil.

Hinayana

Ne vise que l'éveil individuel. Les disciples s'entraînaient hors de la vie séculière. Enseignement comparé à un petit véhicule.

Mahayana

S'adresse aux bodhisattvas qui recherchent non seulement leur propre bonheur mais simultanément celui des autres. Enseignement comparé à un grand véhicule.

Le Sûtra du Lotus

Qu'est-ce que le Sûtra du Lotus ?

Du moment où il parvint à l'Éveil jusqu'à sa mort, Shakyamuni délivra divers enseignements destinés à sauver de la souffrance les êtres humains. Le Grand Maître T'ien-t'ai, qui vécut au VIe siècle en Chine, établit une classification des sûtras de Shakyamuni en Cinq Périodes, selon l'ordre dans lequel ils ont été écrits. Ce sont, de la première à la dernière : les périodes Kegon, Agon, Hodo, Hannya, et Hokke-Nehan.

Le texte original et ses traductions chinoises

En sanskrit, le titre du texte original du Sûtra du Lotus est "Saddharma-pundarika-sûtra". Saddharma signifie Loi correcte, Pundarika, lotus blanc, et sûtra, enseignement du Bouddha. C'est Kumarajiva (vers 350-409) qui le traduisit en chinois par "Myôhô Renge Kyô".

Selon Nichiren Daishonin : « Seul Kumarajiva n'a pas ajouté la moindre interprétation personnelle à l'enseignement du fondateur Shakyamuni. » (GZ, p. 1007)

Composition du Sûtra du Lotus

Le Sûtra du Lotus comporte vingt-huit chapitres, répartis en huit volumes. Le Grand Maître T'ien-t'ai a considéré le sûtra Muryogi, immédiatement antérieur au Sûtra du Lotus, comme une introduction à celui-ci, et le sûtra Fugen, immédiatement postérieur, comme une conclusion. Ainsi, lorsque l'on considère l'ensemble de ces trois sûtras, on parle du Triple Sûtra du Lotus, en dix volumes.

Enseignement théorique

Chapitres 1 à 14

Enseignement essentiel

Chapitres 15 à 28

Chapitres clés

Chapitre 2 (Hôben) et 16 (Juryô)

Les principes essentiels

Le Remplacement des trois véhicules par le véhicule unique (kaisan ken'ichi)

Ce principe établit que la finalité des enseignements du Bouddha n'était pas d'exposer les trois véhicules de shomon, d'engaku, ou de bosatsu (c'est-à-dire les enseignements conduisant aux états d'Étude, d'Absorption ou de Bodhisattva) mais l'enseignement du Véhicule unique conduisant tous les êtres à l'état de Bouddha. C'est un principe fondamental du Sûtra du Lotus.

« Le but de la venue des bouddhas en ce monde est d'éveiller les simples mortels à la sagesse de Bouddha et de les aider à purifier leur vie. » — Sûtra du Lotus, chapitre Hôben

L'entité réelle de tous les phénomènes (shôhô jissô)

Il est dit, dans le 2e chapitre du Sûtra du Lotus (Hôben) : "L'entité réelle de tous les phénomènes ne peut être comprise et partagée que par les bouddhas. Ses aspects sont l'apparence, la nature, l'entité, le pouvoir, l'influence, la cause inhérente, la cause externe, l'effet latent, la rétribution et la cohérence du commencement jusqu'à la fin."

Selon Nichiren Daishonin : « Il est dit, dans le Sûtra, "la sagesse de tous les bouddhas est infiniment profonde et incommensurable…" En quoi consiste cette sagesse ? C'est l'Entité réelle de tous les phénomènes (shohô jissô) et les Dix Modalités (ju nyoze). Qu'est-ce que cette entité ? Rien d'autre que Nam Myoho Renge Kyo. » (GZ, p. 1116)

La Cérémonie dans les airs

Dans la deuxième partie du Sûtra du Lotus, du 11e chapitre "Apparition de la Tour aux trésors" (Hoto) jusqu'au 22e "Transmission" (Zokurui), Shakyamuni expose son enseignement "dans les airs".

La Cérémonie dans les Airs symbolise la dignité de l'état de bouddha, inhérent à la vie de chacun. Nichiren Daishonin a concrétisé son état de vie de Bouddha sous la forme d'un mandala, le Gohonzon, en s'appuyant sur cette description de la Cérémonie dans les airs.

« A l'époque des Derniers jours de la Loi, il n'existe pas d'autre Tour aux Trésors que ces hommes et ces femmes qui gardent le Sûtra du Lotus. » — Nichiren Daishonin (GZ, p. 1304)

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