Dans n’importe quel groupe, petit ou grand, il faut toujours un dirigeant. Sans dirigeant, un groupe n’est plus qu’une foule indisciplinée, incapable d’avancer dans une direction donnée.
3 mai 1951 : Une journée historique
Ce jour-là, le temps était superbe. Aucun nuage ne troublait l’azur. Oui, c’était une belle journée de mai !
C’était le 3 mai 1951. Le pavillon principal du temple Kuonzan Josenji — un temple très connu et très ancien où plusieurs générations de moines s’étaient succédées — était bondé : plus de mille amis pratiquants, enthousiastes, bien que modestement vêtus. À deux heures de l’après-midi commencerait la cérémonie marquant l’accession de Josei Toda à la présidence de la Soka Gakkai.
Sept ans s’étaient écoulés depuis la mort du premier président, Tsunesaburo Makiguchi. À présent, le flambeau de Kosen-Rufu passait aux mains du deuxième président, M. Toda.
« De mon vivant, je jure de faire moi-même shakubuku à 750 000 familles… Si je ne tiens pas ma promesse, ne célébrez pas mes funérailles et éparpillez mes cendres au large de Shinagawa. »
— Le serment solennel du Président Josei Toda
Frappés par cette croyance ardente, comme par un éclair déchirant soudain l’obscurité, certains fermèrent les yeux. Ce qu’ils venaient d’entendre, c’était la déclaration d’un simple pratiquant qui, prêt à braver les plus grandes tempêtes, proclamait sa détermination à réaliser le Grand Vœu de Shakubuku de Nichiren Daishonin.
La résonance de ce vœu, formulé devant le Gohonzon par un dirigeant, suivi de ses disciples, s’amplifia pour donner un souffle à des activités de Shakubuku telles que la société n’en avait encore jamais connue. Ce qui pouvait paraître utopique était devenu réalisable, sans que la société en sache encore rien.
C’est ce jour-là que le président Toda se dressa et passa à l’action. Il lutta sans cesse, sans jamais renier l’engagement qu’il avait pris devant le Dai-Gohonzon. Il se consacra à la protection du Temple principal. Évidemment, les vents de l’incompréhension et de la calomnie se déchaînèrent, comme il était prédit dans le Gosho. Certains, effrayés, reculèrent ; d’autres s’opposèrent brutalement à M. Toda et trahirent leur serment. Mais inexorablement et sans hésitation, s’appuyant sur la théorie vérifiable de la Loi, la voie concrète de Kosen-Rufu se réalisait.
Le président Toda ne cessa jusqu’à son dernier jour de proclamer l’orthodoxie de la Nichiren Shoshu et les bienfaits du Gohonzon. Et pour permettre à ses amis désespérés et malheureux de mener une vie pleine de foi, d’espoir et de bonheur, il poursuivit son combat décisif en créant des liens de cœur à cœur.
Ses disciples se rangèrent à ses côtés. Ils luttèrent en priant et en propageant avec force la Loi, du nord au sud et d’est en ouest, partout au Japon. Modernes arhats (sages de l’Inde ancienne), ils se consacrèrent jour et nuit à la révolution religieuse.
« Que la croyance redevienne ce qu’elle était à l’époque de Nichiren Daishonin et que l’étude redevienne ce qu’elle était à l’époque de Nichikan Shonin ! »
Un an plus tard, le nombre de ceux que ce messager du Bouddha avait sauvés en leur faisant shakubuku atteignait 10 000 familles ; trois ans plus tard, 100 000 familles ; cinq ans après, 750 000 familles et au bout de sept ans, plus de 370 000 familles pratiquaient !
Le président Toda et ses disciples, ayant accompli leur mission auprès des Grands Patriarches, ressentirent une joie et une émotion profonde, ne cessant de chanter les louanges du Dai-Gohonzon. Cette émotion s’est perpétuée pour ne plus jamais disparaître. Mais la santé de Toda sensei déclinait…
Aujourd’hui, le nombre de ceux qui croient en la Loi merveilleuse et qui ont reçu les préceptes va dépasser dix millions.
La cérémonie du 3 mai se termina dans la soirée. Le visage de ces amis « bodhisattvas sortis de la Terre » irradiait la joie, le cri de la croyance jailli du fond du cœur de notre maître résonnait au fond du nôtre.
Spontanément, les jeunes gens portèrent le président Toda en triomphe. Il souriait dans leurs bras robustes.
Aujourd’hui, certains de ces jeunes gens réunis ce jour-là déploient leurs activités dans de multiples domaines. Certains sont devenus de grands dirigeants de Kosen-Rufu, d’autres jouent un rôle important dans la société.
Quoi qu’il en soit, les liens de vie à vie qui nous liaient à notre maître étaient précieux et indestructibles. Quant à moi, je ne peux oublier, aujourd’hui encore, la beauté résolue du visage de ces jeunes gens.
— Daisaku Ikeda
Le 3 mai 1960, lors de sa nomination à la présidence de la Soka Gakkai